Hier à Paris, annonce en grande pompe des tarifs (notamment de téléphonie mobile) de l’opérateur Free. La société propose des tarifs parfois très très en dessous de ce que proposent les concurrents comme SFR ou Bouygues. Faudra voir la qualité du service et étudier de plus près les offres. Pour ne pas se faire pigeonner.

N’empêche, il y a clairement un mouvement à la baisse sur les tarifs chez nos voisins français.

Aujourd’hui, lors de la discussion au Parlement sur la politique que compte mener Johan Vande Lanotte, j’ai bien volontiers fait référence à l’actualité française pour rappeler que les tarifs télécoms restent en règle générale bien trop élevés dans notre pays. Nous, Belges, sommes dans le peloton de tête de ceux qui payent les tarifs les plus élevés en Europe, rappelait encore en 2009 la Commission européenne. Il y a quelques semaines, le régulateur du secteur, l’IBPT, soulignait quant à lui devant les parlementaires combien les tarifs « multiple play » restaient exorbitants : deux fois le prix de ce que le consommateur paie dans les pays voisins. Le régulateur signalait par contre que les prix de gros des terminaisons mobiles avaient diminué de 80% entre 2001 et 2010. Pas sûr que cette évolution positive ait été répercutée sur la facture du consommateur final…

Là où les idéologues de la libéralisation nous promettaient monts et merveilles, il faut donc bien déchanter. L’ouverture du marché des télécoms n’a pas apporté énormément au consommateur en matière de tarifs. Certains prédisent que l’arrivée d’un quatrième opérateur de téléphonie mobile arrangera les choses… L’exemple de Free montre que c’est possible. Mais pourquoi  un quatrième opérateur réussirait-il à bouleverser les choses là où trois gros opérateurs n’en ont pas été capables ?

Il est donc temps d’agir. Et le gouvernement et l’IBPT doivent maintenant imposer aux opérateurs une réelle baisse des tarifs de télécommunications. Et qu’on ne vienne pas encore nous parler des spécificités du marché belge ! A ma demande insistante pour que le gouvernement en fasse une priorité, le Ministre des Télécoms et de la protection des consommateurs a répondu cet après-midi que la priorité du gouvernement c’était le contrôle des prix de l’énergie et le contrôle des prix des produits vendus en grande surface. « Après on s’attaquera aux tarifs du secteur des télécommunications » dit-il. En attendant, qui c’est qui paye ?

Lire également

 ” Si vous ne passez pas chez Free mobile, vous êtes des pigeons

Le site de Free saturé et un bug bloque l’inscription

 

L’obsolescence programmée ou planifiée est le processus par lequel un bien devient obsolète pour un utilisateur donné, parce que l’objet en question n’est plus à la mode ou qu’il n’est plus utilisable. La parution en septembre 2010 d’un rapport des Amis de la Terre France et du Cniid (Centre national d’information indépendante sur les déchets) relançait le débat autour des stratégies mises en œuvre par les fabricants pour limiter artificiellement la durée de vie des produits qu’ils mettent sur le marché.

Pour les auteurs du rapport, « cette stratégie est planifiée ou programmée par les entreprises, et le raccourcissement de la durée de vie est pensé dès la conception du produit. Cela crée en permanence chez le consommateur un besoin concret (l’appareil ne fonctionne plus) ou le sentiment du besoin (l’appareil de lui plaît plus) de racheter de nouveaux biens.

Si le phénomène de l’obsolescence est bien réel, il existe pourtant des solutions pour redonner une vraie valeur aux biens et renforcer les services :

  • Imposer aux fabricants l’affichage de la durée de vie des produits
  • Allonger la durée de la garantie sur les biens de consommation
  • Soutenir la fabrication de produits plus durables et réparables

Pour mettre en œuvre ces solutions, je viens de déposer, avec Thérèse Snoy et Meyrem Almaci, trois textes qui ont pour vocation d’inscrire dans notre droit et dans le droit européen les premiers éléments d’une stratégie de prévention de l’obsolescence programmée. Les objectifs d’une telle démarche étant de :

  • limiter l’utilisation des ressources naturelles rares ;
  • limiter la production de déchets ;
  • protéger le consommateur ;
  • sauvegarder le pouvoir d’achat.

Voir aussi :


Ce mardi après-midi, la Commission des Relations extérieures s’est réunie afin d’avoir un échange de vues avec Didier Reynders, le nouveau ministre des Affaires étrangères sur la situation au Congo et le déroulement du processus électoral. Ci-dessous, la retranscription de mon intervention durant  le débat. Le compte-rendu complet de la séance est disponible sur le site de la Chambre.

Monsieur le président, je souhaiterais pour commencer souligner la forte mobilisation du peuple congolais, que nous avons pu constater sur le terrain. Le peuple congolais a voulu aller voter, montrer son souci de la démocratie. Je voudrais aussi féliciter les nombreux membres des bureaux de vote, présidents, assesseurs et secrétaires, chez qui nous avons pu voir un professionnalisme certain et une formation importante. Je pense qu’ils étaient à la hauteur dans les bureaux de vote que nous avons pu visiter en tant qu’observateurs.

Ceci dit, le ressenti général qui ressortit de cette première journée d’élection, c”est qu’évidemment il y a eu des violences extrêmes localisées, des problèmes logistiques, des retards dans la mise en œuvre des opérations de vote, des manquements, des irrégularités. On a pu constater, de manière assez limitée, que le secret du vote n’était pas sauvegardé, par exemple. Mais mon impression générale, que je vais nuancer par la suite, c’est que ces manquements, ces irrégularités ne remettaient pas en cause, à ce moment-là, la régularité du scrutin.

Je voudrais aussi signaler pour l’anecdote que, à peine les bureaux de vote étaient-ils fermés et avant le début des opérations de dépouillement, circulaient déjà sur le net et dans nos courriers électroniques des résultats définitifs de dépouillement des élections, donnant un des candidats vainqueur à 56 %. À partir de ce moment-là, mais sans doute le savions-nous déjà avant, quelle qu’ait été la régularité du scrutin, on pouvait évidemment s’attendre à des contestations au sujet des résultats provisoires tels qu’ils ont été donnés par la CENI.

Vingt-quatre ou quarante-huit heures après le vote, dans les premiers rapports préliminaires des missions d’observation internationales, on pouvait encore trouver le même ressenti. Que ce soit dans le communiqué préliminaire de l’AWEPA, la mission d’observation des élections de l’Union européenne, le sentiment était le même: “Oui, il y a eu des irrégularités, oui, il y a eu des manquements, des problèmes logistiques, mais ces problèmes ne remettent pas en cause la régularité du scrutin.”

Je pense qu’il faudra aussi attendre les rapports officiels des différentes missions d’observation. Elles sont en train de compiler les résultats. Certaines d’entre elles, comme la Fondation Carter, mais aussi la mission d’observation de l’Union européenne, sont encore sur place, et ce jusqu’au 23 décembre. Il sera important de voir ce que ces observateurs de long terme peuvent apporter de plus que nous qui, malheureusement, et c’est une faiblesse de notre mission, ne sommes sur place que pendant un temps très limité. Ceci dit, effectivement, si les choses se sont plus ou moins bien déroulées, dans un contexte parfois difficile, le jour du vote et lors du dépouillement, cela semble être un peu différent pour ce qui concerne la compilation des résultats.

Je ne vais pas revenir sur tout ce qui a déjà été dit mais, simplement, parler de ces chiffres tout à fait absurdes et incompréhensibles de la circonscription électorale de Malemba – Nkulu dans la province du Katanga.

Je signale à mes collègues que tous ces chiffres sont sur le site de la CENI, bureau de vote par bureau de vote; c’est un élément de transparence qu’il faut signaler. Les résultats sont tous disponibles et, pour ma part, j’ai pu aller comparer les résultats des bureaux de dépouillement où je me trouvais à Goma dans la nuit du 28 au 29 novembre avec les résultats de la CENI. Ce travail peut donc, aujourd’hui, être réalisé dans la transparence.

Cependant, comptabiliser dans la même circonscription 493 bureaux de vote qui tous donnent 100 % des voix au candidat Joseph Kabila, c’est quelque chose de tout à fait incompréhensible. Ce qui l’est tout autant, c’est que la CENI rejette les constats du centre Carter, ces dernières heures, évoquant des déclarations nulles et sans effet. Je crois qu’il est important que les partis politiques et les observateurs encore présents puissent faire la comparaison entre les chiffres des bureaux de vote tels qu’ils ont été affichés à la fin des dépouillements et ce qui est donné aujourd’hui par la CENI sur son site web. Mais il est important aussi que la Commission électorale s’explique elle-même sur ce genre de résultats qui ne sont évidemment pas acceptables.

Je voulais aussi signaler l’importance des recours, même si nous entendons que la confiance dans la Cour suprême de justice est toute relative. Je crois qu’on doit quand même se réjouir qu’un candidat, au nom de l’opposition, a pu aujourd’hui déposer un recours, même si le rôle de la Cour suprême de justice est assez limité dans ce cas.

À ce sujet, peut-être aurez-vous, monsieur le ministre, une lecture plus précise que moi de l’article 75 de la loi électorale? On parle de pouvoir rectifier des erreurs matérielles et d’annuler, pour les autres cas, le vote, en tout ou en partie lorsque les irrégularités retenues ont pu avoir une influence déterminante sur les résultats du scrutin. Cela risque peut-être de limiter quelque peu la marge de manœuvre.

Il me semble qu’il serait souhaitable qu’au bout du compte, les résultats tels que nous les avons évoqués ici – résultats locaux et bien spécifiques de certaines circonscriptions -, s’ils ne sont pas revus et corrigés par la CENI, puissent être annulés par la Cour suprême de justice.

D’autres collègues en ont parlé: en 2010, M. Leterme avait évoqué la nécessité et promis la rédaction d’une note “Afrique des Grands Lacs” afin de mieux définir notre stratégie par rapport à cette partie du monde qui nous est particulièrement proche pour une meilleure coordination des politiques de Coopération au développement, des Affaires étrangères et de Défense.

Évidemment, nous plaidons pour une présentation rapide d’une telle note par vos soins. De là, une première question à vous poser: quelles sont vos intentions en la matière?

Par ailleurs, et d’autres collègues sont déjà intervenus sur cet élément, vous avez jugé important de rencontrer votre homologue congolais. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à accepter cette rencontre? Quelles ont été les éventuelles demandes de part et d’autre lors de cette rencontre? Plus globalement, quelle est votre position et quel est votre avis face à cette situation délicate? Comment voyez-vous ces problèmes de compilation? À votre estime, remettent-ils en cause la régularité du scrutin? Comment pouvons-nous travailler au retour du calme, relatif aujourd’hui car il subsiste des tensions énormes, en République Démocratique du Congo?

Comment attirer l’attention sur la violation de certaines libertés d’expression en cette période post-électorale? Il a été évoqué le blocage des communications électroniques, et certainement des sms; aujourd’hui, plusieurs médias audiovisuels n’émettent plus, depuis la fin des élections. Sans doute certains l’ont-ils décidé par crainte de représailles, d’autres ont vu leur autorisation d’émettre retirée par le Conseil supérieur de l’Audiovisuel. Comment permettre que ces libertés d’expression puissent être respectées autant que faire se peut?

Voilà les observations et questions que je tenais à vous soumettre.

Goma. Kinshasa. Bruxelles/C’est l’heure des bilans. Trois jours après le scrutin, et maintenant que la toute grosse majorité si pas l’ensemble des bureaux de vote et de dépouillement ont terminé leurs opérations, il est temps de dresser un premier bilan provisoire de ce deuxième scrutin démocratique qu’a connu la RDC. J’ai évoqué dans les posts précédents notre travail d’observateur, en me tenant à une relation très factuelle. Suivent ici quelques conclusions plus générales sur ce que nous avons observé sur place, à Goma sur base de la visite de 17 bureaux de vote répartis dans plusieurs centres, tout au long de la journée.

Bureaux de vote à Goma

Partout, nous avons été bien reçus par les électeurs, les membres des bureaux et les témoins de partis qui se disaient satisfaits de notre présence et désireux de nous informer au mieux. Jamais nous ne nous sommes sentis indésirables et encore moins menacés.

Les électeurs étaient présents dès l’ouverture des bureaux de vote à 6h00 mais la lenteur des procédures de vote, voire le retard dans l’ouverture des bureaux, a créé de très longues files d’attente. Certains étaient exaspérés à juste titre par cette longue attente, mais nous avons reçu peu de témoignages signalant des personnes qui ont abandonné et sont rentrés chez eux.

Cette lenteur peut-être imputée à plusieurs facteurs. Certaines opérations, comme le vote des personnes autorisées par dérogation à voter dans un autre bureau de vote que celui qu’il leur était affecté (personnes en mission, par exemple) ont nécessité des écritures importantes. Par ailleurs, selon les membres des bureaux visités, les difficultés sont aussi dues au fait que les listes fournies par la CENI, si elles classent bien les électeurs par ordre alphabétique du nom, ne le font pas pour ce qui est du post-nom, très important au Congo.

Qu’en est-il de la livraison du matériel de vote ? Longtemps les craintes ont été grandes que la logistique ne suivrait pas. Et pourtant, les bureaux de vote étaient complètement constitués et équipés en matériel (listes, bulletins, isoloirs, urnes, encre, etc.). Les informations aux électeurs étaient complètes et affichées visiblement et les présidents et assesseurs généralement très motivés et bien formés.

Ce qui a posé problème, c’est le nombre important de témoins de parti. En début de journée, il a fallu convaincre ces témoins de parti qu’ils ne pouvaient pas toutes et tous être présent en même temps dans le bureau de vote. De nombreuses tensions ont été observées durant les premières heures du scrutin. Au fil de la journée, c’est une formule apaisée de rotation qui s’est imposée, mais avec une présence de nombreux témoins (parfois jusqu’à 15) par bureau de vote. Le plus souvent, ils se tiennent alors silencieux, voire passifs, et nous disent que tout se passe bien et qu’ils n’ont aucune remarque ou critique à communiquer.

Nous avons constaté, au travers de nos visites dans les bureaux de vote, que les conditions d’un scrutin fiable étaient très généralement assurées : les urnes étaient correctement scellées en présence des témoins et des observateurs, pas de campagne des candidats, pas de pression, etc. Il faut néanmoins constater que dans certaines situations, assez limitées, le secret du vote n’a pas été assuré de manière systématique. Ainsi, il est arrivé qu’assesseurs, témoins ou président de bureau avaient une vue sur certains isoloirs, voire lorsqu’ils aident les électeurs en les rejoignant dans l’isoloir. Quelquefois, pour faire son choix, l’électeur a besoin de sortir de l’isoloir assez étroit pour déplier totalement l’imposant bulletin de vote pour retrouver son candidat parmi les 256 qui présentent dans la circonscription.

Quelques mots sur les « omis », ces personnes ayant leur carte d’électeur mais non inscrites dans un des bureaux du centre qui leur a été affecté. Finalement, elles ont pu voter là où elles se présentaient avons-nous constaté dans tous les bureaux visités, et cela selon les directives données par la CENI (commission électorale nationale indépendante). A ce sujet, les informations relayées par la presse selon lesquelles cette instruction est parvenue tard dans la journée du scrutin est totalement fausse. Dès le matin du scrutin, les présidents des bureaux appliquaient cette mesure. Nous l’avons clairement vérifié.

Rumeurs : urnes bourrées et encre invisible

Fausses informations et rumeurs ont d’ailleurs joué un rôle important dans le déroulement du scrutin. Ainsi, cette rumeur selon laquelle

Un centre de vote, à l'heure du dépouillement

les bics de la CENI disponibles dans l’isoloir voyaient leur encre s’effacer du bulletin de vote après 30 minutes. La rumeur des bourrages d’urne par ailleurs ne tient pas la route. Au début du scrutin, les urnes transparentes étaient scellées devant témoins et observateurs, parfois après avoir été présentées à la foule. A la fin des opérations de vote, les urnes ne quittaient pas le bureau  et étaient dépouillées sur place ce qui empêchait ici aussi toute manœuvre frauduleuse. La rumeur des urnes bourrées au centre de vote La Joie à Goma a fait grand bruit dans les médias : les urnes auraient été « bourrées » avant même l’ouverture du bureau. Constatant des bulletins dans l’urne à son arrivée, la première électrice a crié au scandale en sortant et provoqué une réaction de la foule et le départ de la rumeur. Il ne s’agissait en réalité que des bulletins des membres du bureau et des témoins de partis après le scellé des urnes (comme le veut la procédure) !

Nos observations à Goma rejoignent donc les conclusions provisoires qu’a tirées l’AWEPA de cette mission d’observation selon lesquelles « malgré d’importants problèmes surtout d’ordre logistique, nous pouvons dire que les élections étaient conformes aux standards internationaux. L’AWEPA formule néanmoins les remarques suivantes :

  • il serait utile que les électeurs soient mieux formés et informés ;
  • la présence des témoins dans les bureaux de vote et de dépouillement doit être mieux organisée ainsi que les conditions matérielles pour l’exercice de leur mandat ;
  • il serait utile d’avoir une représentation plus équilibrée hommes-femmes dans les candidatures ;
  • il serait utile de limiter les dépenses électorales ;
  • il serait utile de garantir un accès égal aux médias. »

Cette mission se termine pour ma part avec deux impressions majeures. Une grande admiration tout d’abord pour le peuple congolais qui est allé voté avec enthousiasme pour faire connaître son opinion à l’égard des dirigeants et des différents partis et candidats d’opposition. Cette grande mobilisation a été possible grâce à la ténacité de celles et ceux qui ont permis dans les quelque 62.000 bureaux de vote que les élections se déroulent de la manière la plus normale possible. Ensuite, même si nous avons constaté des problèmes, des irrégularités ou des tensions, je ne reconnais pas cette journée de vote dans les relations très négatives et très pessimistes qui ont été effectuées par les médias, lesquels ont parfois relayé des rumeurs infondées. Ils continuent malheureusement parfois de le faire.

Le 6 décembre prochain, le vainqueur de la présidentielle sera connu. Espérons que d’ici là et à la suite de cette proclamation, les dirigeants politiques s’efforceront de ne pas colporter des rumeurs et d’appeler à une acceptation du résultat, quel qu’il soit.

Lire aussi :

Congo : les élections s’invitent au Parlement

Goma. Une journée d’observation des élections

Goma. Mercredi 30 novembre. Les élections sont terminées plus de 36h00 et le calme semble régner un peu partout. Les citoyens font le tour des bureaux pour prendre connaissance des résultats affichés à l’extérieur.

Je reviens dans ce post sur notre journée d’observation du 28 novembre.

Il est 5h30 quand nous nous mettons en route ce lundi. Direction, le quartier des volcans, et l’école de la pépinière, encore désignée comme l’école des belges. Ici, le centre de vote comprend 9 bureaux. A notre arrivée à 5h40, une petite centaine de personnes font la file. Les policiers laissent passer les témoins des candidats et des partis, déjà très nombreux à dans la cour de l’école, ainsi que les observateurs nationaux et internationaux après contrôle de leur carte d’accréditation.

Nous choisissons de nous rendre dans le bureau de vote H, là où il n’y a encore aucun observateur. C’est une petite classe de 4 mètres sur 6 qu’on a débarrassé de la majorité de ses bancs d’école en bois. Au fond, dans chaque coin de la pièce, un isoloir en carton. Au milieu de la pièce, les urnes transparentes d’un mètre de haut, une avec un couvercle bleu pour les bulletins de la présidentielle, une avec un couvercle jaune pour les bulletins des législatives. Il ne manque que les bulletins de vote, transférés dans chacun des bureaux de vote après comptage dans un autre local.

Président, assesseurs et secrétaires s’affairent aux derniers préparatifs. Une fois tout en place, le président du bureau et un assesseur sortent les urnes devant les témoins amassés à l’extérieur. Le message est clair : ici, pas de bourrage d’urnes ! Une fois ces deux urnes scellées, l scrutin peut commencer avec deux heures de retard. Ce sont 554 électeurs qui sont inscrits dans ce bureau de vote.

Vers 8h45, nous reprenons la route vers l’extérieur de la ville et nous nous rendons au centre de vote de l’Institut Faraja où Claude, notre chauffeur effectue son devoir de citoyen. Après quelques kilomètres de route cabossées et défoncées, les pavillons de classe s’étalent devant nous. Il et 9h00 et les files sont déjà très longues devant les 29 bureaux de vote du centre. Enfants, personnes âgées, jeunes, hommes et femmes, on fait la file ou on patiente dans l’herbe et dans le calme.

Ici, les bureaux de vote sont plus spacieux. Dans le bureau M, les électeurs entrent au compte-goutte. Chacun d’entre eux, doté de sa carte d’électeur, après recherche de son nom sur la liste, reçoit du président un bulletin de vote pour la présidentielle et se rend dans l’un des quatre isoloirs. Une fois son choix effectué, il dépose sont bulletin dans l’urne et reçoit de l’assesseur l’imposant bulletin de vote pour les législatives. Sur la circonscription de Goma, il doit choisir entre 256 électeurs qui se disputent 6 sièges de député national ! Cela donne un bulletin de 6 pages où se succèdent les noms, numéro, sigle et photo des candidats. Le passage dans l’isoloir est alors plus long et plus souvent laborieux. Après avoir conversé avec les électeurs, les témoins et le président du bureau de vote, nous reprenons la route.

Au fil de la journée, nous visiterons ainsi 17 bureaux de vote répartis sur la circonscription de Goma. Dans les des quartiers de Mavuno, Virunga, Katoyi, ou là ou la vie se reconstruit sur la coulée de lave laissée par le volcan Nyiragongo en janvier 2002, partout les gens se pressent pour voter, partout les présidents, assesseurs et secrétaires, souvent très jeunes, effectuent leur travail avec professionnalisme. Partout nous sommes accueillis avec enthousiasme par la population.

Vers 17h30, nous arrivons enfin dans le quartier de Mapendo, grouillant de vie. Dans l’école de l’institut UMOJA, l’obscurité tombe et les derniers électeurs admis dans les 8 bureaux votent dans la pénombre. Dans la petite cour de l’école, c’est la grande affluence en attendant les opérations de dépouillement.

Maintenant, l’obscurité est totale. On s’éclaire à l’aide de GSM. Et dans les bureaux deux petites lampes au néon éclairent péniblement le travail de comptage et de dépouillement. Dans le bureau que nous choisissons d’observer, c’est vers 21h00 que les opérations débutent. On déverse les 347 bulletins de la présidentielle sur la table formée à l’aide des deux isoloirs. Commence une longue cérémonie : le président se saisit s’un bulletin, le déclare valable ou pas sous l’œil des témoins. Il le passe ensuite à son assesseur qui annonce le contenu du vote en levant à bout de bras le bulletin.

Après deux heures, le verdict tombe. Kabila obtient ici 166 voix, Kamhere, le candidat du cru, 150 voix, et Thsisekedi 3 petites voix. S’entame alors pour le reste de la nuit le dépouillement des législatives. A la fin des opérations, les résultats du vote seront affichés à l’extérieur du bureau. Autre gage de transparence voulu par la CENI, commission électorale nationale indépendante.

A Goma, à part les violences dont a été victime un responsable de centre de vote, les élections se sont déroulées dans le calme.

Dans un post suivant, lorsque l’AWEPA aura diffusé ses premières conclusions, je tenterai de tirer quelques conclusions de notre travail d’observation.

La CENI, commission électorale indépendante, a annoncé que les élections auront bien lieu demain lundi à travers tout le Congo. Arrivés à Goma vendredi midi, à la frontière avec le Rwanda, nous avons préparé depuis notre travail d’observation de ces élections.

A travers le dédale des rues de la ville, notre après-midi de dimanche aura ainsi été occupée par un repérage des quelques 15 centres de vote (représentant plusieurs centaines de bureaux de vote) abrités dans les écoles de la ville. Tâche essentielle quand on sait que nous devrons parfois nous déplacer à plus de 20 kilomètres pour rejoindre les bureaux de vote les plus éloignés de notre « camp de base ».

Au-delà, cette première prise de contact avec les bureaux de vote aura été l’occasion de vérifier si tout le matériel électoral était bien parvenu à destination : les bulletins de vote bien sûr, mais aussi les isoloirs (en carton !) et les urnes transparentes d’un mètre de haut. Tout au long de ce premier périple nous aurons rencontré les responsables de centres ou de bureaux ainsi que des électeurs venant chercher leur nom sur les listes apposées aux vitres des locaux de classe.

Dès demain 6h00, les bureaux de vote ouvriront leurs portes. Avant cela, dès 5h00 du matin, les bureaux de vote seront constitués, les présidents, assesseurs et secrétaire prêteront serment, après quoi les quelque 500 électeurs prévus par bureau de vote auront jusqu’à 17h00 pour faire leur choix. Le dépouillement suivra immédiatement sur place. Notre mission consistera en la visite d’une trentaine de bureaux de vote et l’un ou l’autre bureau de dépouillement afin d’observer les conditions dans lesquelles se déroule le scrutin et s’il permet bien à chaque congolais d’exprimer librement son choix de son député national et de son futur président de la République. Une journée primordiale pour le Congo au terme de laquelle nous aurons pour notre part rempli une bonne centaine de pages de questionnaire qui permettront alors aux responsables de notre mission d’estimer si les élections se sont déroulées de manière honnête.

Petite précision bien nécessaire pour terminer : les articles que je poste dans le cadre de cette mission d’observation se tiennent à une stricte neutralité. Il s’agit pour moi d’expliquer le rôle d’une mission d’observation dans le cadre des élections congolaises, aucunement de prendre parti pour l’un ou l’autre candidat ou d’exprimer un point de vue sur le contexte global du scrutin, ce qui nuirait bien évidemment à la crédibilité de notre mission.

Première journée de mission qui se termine. Après le long trajet hier entre Bruxelles et Kinshasa avec escale à Luanda (11h00 de vol), un transfert de l’aéroport à l’hôtel par des routes défoncées au bord desquelles les affiches des différents candidats se succèdent, et une courte nuit réparatrice, la journée de vendredi a été consacrée à la résolution des derniers problèmes logistiques liés à la mission (billets pour Goma, cartes d’accréditation, etc. Merci à Gertrude Bamba, efficace représentante de l’Awepa en RDC), à des briefings et à la rencontre avec quelques acteurs du processus électoral.

Après une rapide incursion dans les quartiers populaires de la capitale, direction la résidence de l’Ambassadeur de Belgique, où nous avons fait le point sur l’état du processus électoral et discuté des enjeux et du contexte de ces deuxièmes élections démocratiques, histoire de faire le plein d’informations qui nous seront bien utiles dans la manière dont nous aurons, en tant qu’observateurs, à juger de la manière dont se déroulent les élections. Si la centaine d’observateurs européens, américains et africains ne pourront bien évidemment pas suivre les opérations dans les 60.000 bureaux de vote, les conclusions que nous allons tirer influenceront néanmoins le comportement des citoyens dans les jours qui suivront le 28 novembre… Il s’agit donc de connaître au mieux la situation dans laquelle nous allons travailler ces prochains jours.

Ce sont toujours les aspects logistiques du vote qui retiennent l’attention. Les bureaux de vote pourront-ils être équipés d’ici lundi ? Tous les citoyens qui voudront voter pourront-ils le faire dans les délais impartis, càd dans les 11h00 durant lesquelles les bureaux seront ouverts ? Les électeurs auront-ils facilement accès à leur bureau de vote ?

Ces difficultés auront été au centre d’une rencontre entre certains membres de notre mission et des acteurs des élections ce soir à la résidence de la déléguée de Wallonie-Bruxelles International à Kinshasa. Katrin Brahy avait invité les représentants des différents partis politiques en lice. L’occasion de discuter à bâtons rompus avec le porte-parole d’Etienne Tshisekedi, mais aussi le candidat président Vital Kamerhe qui nous a fait la surprise d’une apparition en fin de soirée, et le président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel, nouvel organe qui a joué un rôle important dans l’accès des candidats aux médias. Une soirée pleine d’enseignements et de rencontres.

Demain, les différentes équipes encore présentes dans la capitale se disperseront dans tous le pays. On quittera donc Kinshasa, ville survoltée à laquelle on s’attache très vite, pour s’envoler en direction de Goma dès 7h30 un peu avant que les principaux candidats aux élections présidentielles, Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe, organiseront leur dernier meeting dans les stades kinois, alors qu’on observe une montée de la tension dans certains quartiers de la ville.

Changement de rythme et de décor pour les cinq prochains jours. Je participe à la mission d’observation des élections présidentielles et législatives au Congo. Ces élections, les deuxièmes démocratiques en RDC, se déroulent le lundi 28 novembre. Rendez-vous très attendu et très observé, ce double scrutin verra un peu plus de 30 millions d’électeurs choisir le nouveau président et les députés. Il marque le début d’un processus électoral qui devrait s’étaler jusqu’en 2013 avec la tenue d’élections locales.

60.000 bureaux de vote sont répartis sur le territoire pour ces élections sur lesquelles a longtemps plané (et plane d’ailleurs encore) le doute : les urnes (fabriquées en Chine) et les bulletins de vote (imprimés en Afrique du Sud) auront-ils eu le temps d’atteindre leur destination finale ?

Comme le signale le manuel des missions d’observation électorale de l’UE, « les missions d’observation contribuent à promouvoir la démocratie et les droits de l’homme dans un esprit de coopération avec les pays partenaires. Le déploiement d’observateurs électoraux est un moyen de soutenir un processus de démocratique et d’aider ces pays à organiser des élections honnêtes. »

Avec d’autres parlementaires, je serai basé à Goma, dans la province du Nord-Kivu, à la frontière avec le Rwanda. Des nouvelles de la mission chaque jour sur ce blog !

C’est fin de cette année que l’enquête administrative relative à la catastrophe de Buizingen devrait être terminée, selon la réponse que le secrétaire d’État Etienne Schouppe m’a donnée cet après-midi en réunion de la Commission infrastructure de la Chambre. Je m’inquiétais en effet de la lenteur avec laquelle les enquêtes de l’organisme d’enquête pour les accidents et les incidents ferroviaires se déroulent. En effet, aujourd’hui, 6 enquêtes, dont certaines ont été lancées en 2008, attendent toujours leurs conclusions. Il s’agit des enquêtes ouvertes suivantes :

  • Collision à Diegem le 14 novembre 2008
  • Incident d’embarquement à Dinant le 23 mai 2009
  • Décès d’un agent de triage à Jemelle le 15 novembre 2009
  • Déraillement d’un train de voyageur à Mons le 19 novembre 2009
  • La catastrophe de Buizingen le 15 février 2010
  • Collision entre deux trains de voyageurs à Arlon le 15 septembre 2009

Selon la réponse du Secrétaire d’Etat, ces retards sont imputables à plusieurs causes. L’organisme d’enquête a notamment travaillé à la mise en place de sa base de données et à la formation de ses enquêteurs. La priorité semble également mise sur la rédaction du rapport de la catastrophe de Buizingen. Plus grave, le passage de témoins de certaines enquêtes entamées par la Holding et aujourd’hui sous la responsabilité de l’organisme d’enquête semble ne pas se faire correctement. Il est fort probable que certains éléments soient manquants et difficilement récupérables, ce qui ne facilite pas le travail.

Alors que les enquêtes devraient pouvoir être finalisées dans l’année de leur lancement, selon les recommandations européennes, l’organisme d’enquête belge souffre visiblement d’un manque de capacité. Fin 2010, quatre ETP y travaillaient. Un troisième enquêteur et un deuxième agent administratif devraient être engagés prochainement. On n’est pas encore au cadre idéal de 7 ETP.

A remarquer également que l’enquête sur la catastrophe de Buizingen a été retardée par la difficulté à accéder à certaines pièces de l’enquête judiciaire. Or, la commission Buizingen avait pointé cette absence de collaboration entre justice et organisme d’enquête. Un poinnt sur lequel il faudra avancer rapidement !

Si les délais annoncés sont respectés, tant les résultats de l’enquête judiciaire que ceux de l’enquête administrative devraient donc être connus pour la fin de l’année.

Il s’agissait des deux thèmes abordés lors de l’émission Au cœur de l’info d’Arnaud Ruyssen le vendredi 23 septembre sur la Première. Analyse de la situation et propositions de solutions. J’étais en débat pour l’occasion depuis Rixensart et le chantier du RER, avec Valérie De Bue (MR) et Arnaud Rayman (Infrabel).

Vous pouvez réécouter le débat à partir du site web de la RTBF en cliquant ici.

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