01-Livre_sur_un_bancLe consommateur belge paye plus cher le livre édité en France quand il l’achète à Tournai plutôt qu’à Lille ou Villeneuve d’Ascq, à peine trente kilomètres plus loin de l’autre côté de la frontière.  Et l’impact de cette différence de prix est importante : environ 45% des livres publiés en France, sont vendus au consommateur belge à un prix supérieur de parfois 17%, nous rappelle récemment le CRIOC.

Cette étrange pratique est héritée de l’ancienne « tabelle ». Ce mécanisme de prise en compte des frais de douane et de risques de change entre les francs français et belges a pourtant été abrogé depuis 1987. Et l’instauration de la monnaie unique en 2002 n’a pourtant pas empêché certains distributeurs exclusifs de maintenir dans les faits cette tabelle.

Ce mercredi après-midi, j’ai interrogé le Ministre Van Quickenborne, en charge de l’économie, sur cette anomalie. D’autant plus qu’une plainte déposée depuis trois ans contre cette pratique devant le Conseil de la concurrence n’a toujours pas abouti. Le consommateur continue d’être grugé. Et cela pourrait encore durer.

Dans sa réponse, le Ministre nous a en effet informés que le Conseil de la Concurrence s’apprêtait à classer la plainte car l’instruction « n’a pas permis d’établir l’existence d’une infraction à la loi sur la protection de la concurrence économique. » J’attends de voir l’argumentaire complet du Conseil, mais on peut d’ores et déjà dire, que si la plainte est classée sans suite, l’affaire ne devrait pas en rester là. Le Ministre, Karin Lalieu (PS) et moi-même avons convenu que cette vieille pratique doit cesser et qu’il fallait étudier les pistes législatives pour que le consommateur belge ne paie pas plus cher ses romans que le consommateur français. Comme le faisait remarquer Van Quickenborne en réponse à ma dernière intervention : « près de Lille, il y aussi Courtrai, et à Courtrai, il n’y a pas de tabelle. » Le lecteur francophone est donc un peu le dindon de la farce et enrichit les intermédiaires du secteur du livre. Le Parlement ferait œuvre utile en votant une loi interdisant ce genre de pratique.