On avait terminé la législature avec au moins une satisfaction. Les experts désignés par la Commission sur la sécurité du rail allaient pouvoir continuer leur travail durant la campagne électorale, malgré la dissolution des Chambres. Hé bien, je me suis réjoui trop tôt. Début de semaine, nous avons en effet appris, de source bien informée, que les experts avaient interrompu leur travail pour ne pas avoir été payés. En cause, le collège des questeurs de la Chambre, chargé de la gestion financière et immobilière de l’Assemblée. Composé de 6 députés, dont notamment Olivier Maingain (MR) et Colette Burgeon (PS), le collège des Questeurs semble avoir refusé de payer les experts chargé d’aider la Commission spéciale. Sous prétexte que ces experts ne peuvent continuer à travailler sans contrôle des parlementaires… Pour rappel, la conférence des Présidents, regroupant l’ensemble des groupes politiques, avait pourtant donné son feu vert à la formule que nous proposions.

Résultat : tout le travail d’analyse des documents de la SNCB relatifs aux questions de sécurité est resté en rade durant plus d’un mois et risque encore de l’être durant plusieurs semaines. Une situation inacceptable. Ecolo et Groen ont alerté la presse ce matin, à la fois dans l’Avenir et dans le Standaard. Si ça continue comme ça, la commission spéciale sera incapable de remettre ses conclusions et ses recommandations sur la sécurité du rail dans un délai raisonnable, et en tout cas avant le premier anniversaire de la catastrophe de Buizingen.

Il est donc temps de reprendre les choses en main. C’est pourquoi, sitôt ma prestation de serment effectuée, j’ai déposé avec mon collègue Stefaan Van Hecke de Groen une proposition de texte pour relancer dès cet été la commission spéciale. Il y a du boulot, et pas besoin de gouvernement pour que ce travail soit fait : analyser les documents de la SNCB, entendre les ministres en place depuis 1982 ainsi que les responsables du rail depuis la même époque. J’espère qu’il se dégagera une majorité au Parlement le 20 juillet prochain pour voter ce texte et permettre ainsi la reprise immédiate des travaux.