Les travaux de la Commission spéciale sur la sécurité du rail pas encore terminés, certains essayent déjà de se distinguer à défaut d’avoir brillé durant les longs mois de travaux.

Ainsi, Steven Vandeput (NVA), regrette aujourd’hui que la commission chargée de se pencher sur la problématique de la sécurité sur le réseau ferroviaire n’ait pas fait mention de responsables de la collision à Buizingen.

Par cette sortie dominicale le député nationaliste exploite de manière honteuse l’émotion des victimes et de leurs familles. Il montre par ailleurs une méconnaissance complète de la réalité ferroviaire, des missions de la commission spéciale et du contenu des recommandations du rapport final.

Que les choses soient claires : il n’entrait pas dans les missions de la commission spéciale de se pencher sur les circonstances de la catastrophe de Buizingen. Il s’agissait par contre d’analyser la politique de sécurité du rail durant les trente dernières années et faire des recommandations pour améliorer la situation. La NVA a soutenu cette thèse en votant en février et en octobre 2010 la mise en place de la commission et la définition de ses missions. Comment des parlementaires disposeraient-ils en effet de l’expertise pour juger des coupables et des circonstances d’une catastrophe ferroviaire ? Sans accès au dossier, et en particulier aux données techniques de la boîte noire des trains, le Parlement n’a pas la capacité d’intervenir dans ce débat. C’est à la justice de déterminer les causes. L’organe d’enquête indépendant doit lui aussi déterminer les circonstances de la catastrophe et formuler des recommandations.

Le parlementaire NVA regrette par ailleurs que le rapport final n’en dise pas plus sur la future structure de la SNCB. C’est mal lire les conclusions et les recommandations discutées ce week-end. En effet, tant dans ses conclusions (« Il existe un réel déficit de collaboration, de coordination et de communication au sein du Groupe SNCB ») que dans ses recommandations, les problèmes liés à la structure du groupe sont pointés. Et le rapport de recommander une évaluation rapide de la structure du groupe, ce qui doit permettre de faire des propositions de modification de la structure effectivement bien nécessaires.

Bref, Steven Vandeput est à côté de la plaque. Sa saillie poujadiste est d’autant plus révoltante que les quatre membres NVA de la commission spéciale se sont montrés particulièrement discrets pendant les travaux. Leur absence a souvent été remarquée. Tout comme le caractère très limité des propositions rédigées par Steven Vandeput : trois maigres recommandations très générales concentrées en une seule page, là où les autres groupes ont remis entre cinq et dix pages de recommandations et de conclusions. Les rapporteurs n’ont donc rien pu attendre des nationalistes flamands. La NVA n’a pas travaillé, mais elle essaye de se faire mousser sur le travail des autres. Belle mentalité….