Avec la catastrophe nucléaire de Fukushima, la sécurité nucléaire est à nouveau au centre des débats, chez nous aussi. Ainsi, dans les jours qui ont suivi le séisme et le tsunami, le problème du survol de la centrale nucléaire de Tihange a à nouveau été évoqué dans les débats.

Les riverains de la centrale de Tihange ont interrogé l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) au sujet des risques encourus. Celle-ci leur a répondu, par mail, que l’unité 1 de Tihange, la plus ancienne,  « avait été conçue pour résister à la chute d’un petit avion, qui était à l’époque considéré comme avion de référence. Les unités 2 et 3 ont, quant à elles, été dimensionnées pour résister à l’impact accidentel de l’avion de référence de l’époque, à savoir le type Boeing ». Au moment de la construction (années 70 et 80), on a donc bien pris en compte la possibilité de la chute d’un avion sur la centrale, mais ce risque n’a pas été actualisé depuis. Or, aujourd’hui ce sont des avions gros porteurs, comme les Boeing 747 qui atterrissent à Bierset.

J’ai donc interrogé en séance plénière de la Chambre le secrétaire d’Etat à la mobilité, Etienne Schouppe sur la réalité du survol effectif de la centrale, les règlements en vigueur et leur nécessaire adaptation à la nouvelle situation (vidéo de la séance plénière disponible en cliquant ici).

Le secrétaire d’Etat a rappelé que « sauf pour les besoins de décollage et d’atterrissage, il est interdit de faire évoluer un aéronef selon les règles de vol à vue au-dessus des villes et des centrales nucléaires à une hauteur inférieure à 300 mètres au-dessus de l’obstacle le plus élevé situé dans un rayon de 600 mètres autour de l’aéronef. Pour les aéronefs évoluant selon les règles de vol aux instruments, il est interdit de voler à une hauteur inférieure à 300 mètres au-dessus de l’obstacle le plus élevé situé dans un rayon de 8 kilomètres autour de la position estimée de l’aéronef. » Et de conclure : « Le survol de la centrale nucléaire de Tihange n’est donc que partiellement interdit. La piste 05, en usage à Liège-Bierset lorsque les vents sont de secteur Est, passe pratiquement au-dessus de Tihange. Il me paraît difficile, voire impossible, d’en modifier le tracé, car les aéronefs doivent pouvoir se positionner à environ 18 kilomètres dans l’axe de piste pour y atterrir en toute sécurité. »

La situation actuelle est donc pour le moins inquiétante. Les avions sont autorisés dans certaines circonstances à survoler la centrale, mais les réacteurs de conception ancienne ne sont pas adaptés pour assumer la chute de ces avions, beaucoup plus lourds que ceux de l’époque de construction des réacteurs. Un problème qui devrait être très prochainement pointé par les stress tests des centrales nucléaires belges, si du moins ceux-ci sont menés de façon correcte et indépendante…