La gare de Lille-Flandres

photo Luc Nueffer Structurae

En réponse à une question écrite posée le 30 novembre 2010 mais dont je n’ai reçu la réponse que récemment (affaires courantes obligent), la ministre Vervotte me communique les chiffres de suppression de trains entre Lille-Flandres et Tournai d’une part, et entre Lille-Flandres et Mouscron d’autre part (lire la réponse complète sur le site de la Chambre).

  • 450 trains ont été supprimés en 2009 entre Tournai et Lille-Flandres ;
  • 372 trains ont été supprimés de janvier à novembre 2010 entre Tournai et Lille-Flandres ;
  • 65 trains ont été supprimés en 2009 entre Mouscron et Lille-Flandres ;
  • 112 trains ont été supprimés de janvier à nombre 2010 entre Mouscron et Lille-Flandres.

Au regard du nombre de trains qui circulent chaque jour sur cette ligne, on se situe dans la moyenne des trains supprimés sur l’ensemble du réseau. Quelques pourcents qui ont néanmoins une influence sur le confort des voyageurs transfrontaliers car les suppressions sont proportionnellement plus concentrées durant les heures de pointe. Difficile donc de faire confiance au train pour sauter la frontière, dans un sens ou dans l’autre.

Des chiffres communiqués par la SNCB à la ministre, on constate une légère amélioration entre 2009 et 2010 pour ce qui est la liaison entre Tournai et Lille. La liaison entre Courtrai, Mouscron et Lille a, elle, tendance à se dégrader.

Cette situation très désagréable pour le voyageur est clairement due au défaut de ponctualité sur les lignes respectives. En effet, comme le précise la ministre dans sa réponse, « Il arrive qu’un train en retard soit limité sur son parcours terminal pour éviter d’occasionner du retard à d’autres trains ou pour pouvoir assurer le trajet retour à l’heure, afin de normaliser ainsi le trafic ferroviaire et d’éviter un effet « boule de neige » de retards sur l’ensemble du réseau. » Sans compter l’effet pervers des statistiques : on a parfois intérêt à supprimer un train très en retard pour qu’il ne vienne pas plomber encore plus les statistiques de ponctualité.

Je ne dispose pas des premiers chiffres pour 2011, mais il y a gros à parier qu’ils ne sont pas très bon. En effet, les statistiques de ponctualité du deuxième trimestre 2011 montrent une nouvelle aggravation de la ponctualité des trains.

Pour la Wallonie picarde, on pointera en particulier :

  • Une ponctualité de 87,4% sur la ligne 94 Tournai-Bruxelles contre 88,8 % à la même période l’année passée ;
  • Une ponctualité de 73,1% sur la relation IC D Herstal-Tournai contre 81,7% à la même période l’année passée ;
  • Une ponctualité de 80,8% sur la relation IC H Mouscron-Schaerbeek contre 81,3% à la même période l’année passée.

A l’heure de l’Eurométropole Tournai-Lille-Kortrijk, les liaisons transfrontalières par train sont loin d’assurer un niveau de fiabilité qui attirerait de nouveaux voyageurs. Tant qu’elles seront qualifiées de parcours terminal par la SNCB, il y a malheureusement peu de chance d’assister à une évolution positive. La solution passe de toute façon par une amélioration de la ponctualité, en particulier sur la relation Herstal-Tournai. Ce qui nous ramène à un des défis majeurs que le groupe ferroviaire doit relever.

Avec la SNCB, Lille en train c’est pas toujours possible….