Première journée de mission qui se termine. Après le long trajet hier entre Bruxelles et Kinshasa avec escale à Luanda (11h00 de vol), un transfert de l’aéroport à l’hôtel par des routes défoncées au bord desquelles les affiches des différents candidats se succèdent, et une courte nuit réparatrice, la journée de vendredi a été consacrée à la résolution des derniers problèmes logistiques liés à la mission (billets pour Goma, cartes d’accréditation, etc. Merci à Gertrude Bamba, efficace représentante de l’Awepa en RDC), à des briefings et à la rencontre avec quelques acteurs du processus électoral.

Après une rapide incursion dans les quartiers populaires de la capitale, direction la résidence de l’Ambassadeur de Belgique, où nous avons fait le point sur l’état du processus électoral et discuté des enjeux et du contexte de ces deuxièmes élections démocratiques, histoire de faire le plein d’informations qui nous seront bien utiles dans la manière dont nous aurons, en tant qu’observateurs, à juger de la manière dont se déroulent les élections. Si la centaine d’observateurs européens, américains et africains ne pourront bien évidemment pas suivre les opérations dans les 60.000 bureaux de vote, les conclusions que nous allons tirer influenceront néanmoins le comportement des citoyens dans les jours qui suivront le 28 novembre… Il s’agit donc de connaître au mieux la situation dans laquelle nous allons travailler ces prochains jours.

Ce sont toujours les aspects logistiques du vote qui retiennent l’attention. Les bureaux de vote pourront-ils être équipés d’ici lundi ? Tous les citoyens qui voudront voter pourront-ils le faire dans les délais impartis, càd dans les 11h00 durant lesquelles les bureaux seront ouverts ? Les électeurs auront-ils facilement accès à leur bureau de vote ?

Ces difficultés auront été au centre d’une rencontre entre certains membres de notre mission et des acteurs des élections ce soir à la résidence de la déléguée de Wallonie-Bruxelles International à Kinshasa. Katrin Brahy avait invité les représentants des différents partis politiques en lice. L’occasion de discuter à bâtons rompus avec le porte-parole d’Etienne Tshisekedi, mais aussi le candidat président Vital Kamerhe qui nous a fait la surprise d’une apparition en fin de soirée, et le président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel, nouvel organe qui a joué un rôle important dans l’accès des candidats aux médias. Une soirée pleine d’enseignements et de rencontres.

Demain, les différentes équipes encore présentes dans la capitale se disperseront dans tous le pays. On quittera donc Kinshasa, ville survoltée à laquelle on s’attache très vite, pour s’envoler en direction de Goma dès 7h30 un peu avant que les principaux candidats aux élections présidentielles, Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe, organiseront leur dernier meeting dans les stades kinois, alors qu’on observe une montée de la tension dans certains quartiers de la ville.