Depuis plusieurs mois, les voyageurs sans abonnement ne peuvent plus emprunter l’Eurostar entre Bruxelles, Lille et Calais. Une situation que j’avais mise en évidence avec Dominique Plancke, en charge des transports à la Région Nord-Pas de Calais,  il y a quelques semaines lors d’un point-presse à Lille. Je m’étais engagé à interroger le Ministre Magnette à ce propos.

Ci-dessous,  l’extrait du compte rendu de la commission infrastructure du mardi 22 mai dernier. Il ressort de mes échanges avec le ministre qu’aucune solution ne semble à ce jour émerger pour permettre à nouveau aux citoyens de voyager librement entre la France et la Belgique via l’Eurostar.

Ma collègue Zoé Genot interpellera la secrétaire d’Etat Maggie De Block à ce sujet.

Ronny Balcaen (Ecolo-Groen): Madame la présidente, monsieur le ministre, depuis quelques mois, la question de la libre circulation des voyageurs qui empruntent l’Eurostar entre Bruxelles, Lille et Calais est au centre du débat en raison des pressions exercées par la Grande-Bretagne en matière de sécurité. Si, comme l’a annoncé Mme la secrétaire d’État Maggie De Block le 17 avril dernier en commission de l’Intérieur, la suppression pure et simple des arrêts en gare de Lille-Europe et Calais-Fréthun ne semble plus figurer à l’ordre du jour, il est toujours très difficile, voire impossible, d’acheter un ticket Bruxelles-Lille, Bruxelles-Calais, Lille-Bruxelles ou Calais-Bruxelles pour les voyageurs qui ne disposent pas d’un abonnement.

Mme la secrétaire d’État indiquait « récemment » – enfin, « récemment »… ma question date quand même du 26 avril… – qu’à la suite d’une rencontre entre les trois pays concernés, des propositions avaient été soumises à la direction d’Eurostar et que celle-ci examinait la faisabilité de différentes pistes pour trouver une solution à ce problème qui dure depuis trop longtemps.

Monsieur le ministre, êtes-vous associé à la négociation en cours? Avez-vous pris contact personnellement avec vos homologues français et britannique? Pourriez-vous me préciser quelles sont les pistes soumises à Eurostar? Pouvez-vous confirmer que les arrêts de l’Eurostar en gares de Lille et Calais ne seront pas supprimés? Quand reviendra-t-on à une situation normale? En d’autres mots: quand les voyageurs pourront-ils à nouveau acheter leurs billets Eurostar et ainsi avoir la possibilité de circuler librement entre ces trois destinations de l’Espace Schengen, et ce sans devoir subir des contrôles britanniques qui ne semblent pas justifiés?

Paul Magnette, ministre: Monsieur Balcaen, il s’agit d’un dossier relatif à des questions de migration et de mobilité. La négociation avec Eurostar International Limited est menée par la secrétaire d’État Maggie De Block en collaboration avec le secrétaire d’État à la Mobilité Melchior Wathelet et la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet. N’étant pas moi-même associé à cette négociation, il ne m’appartient pas de contacter mes homologues français et britannique.

 Les trains Eurostar sont exploités par Eurostar International Limited, qui est une entreprise ferroviaire indépendante de droit britannique, dont le siège social est installé à Londres. C’est donc cette société qui détermine les conditions d’accès à ses services ainsi que sa politique d’arrêts. À cet égard, la SNCB, qui en est actionnaire à hauteur de 5 %, m’indique que, d’après ses informations, les arrêts en gare de Lille et Calais seraient maintenus, mais que la vente de billets serait limitée aux clients abonnés et seulement via le site internet eurostar.com.

À Bruxelles-Midi, les couloirs de contrôle Schengen et hors Schengen sont séparés. Les clients à destination de Lille ne sont donc pas contrôlés par les agents de UK Border Authorities.

 Le retour à une situation normale dépendra principalement d’un accord entre les instances des trois pays.

 Ronny Balcaen (Ecolo-Groen): Monsieur le ministre, je vous remercie pour les éléments de réponse que vous m’apportez, mais qui semblent montrer qu’il n’y a toujours pas de solution en vue. Ce problème peut être perçu comme anodin, mais il complique fortement la vie de nombreuses personnes qui empruntent l’Eurostar pour se rendre à leur travail et doivent, pour ce faire, traverser la frontière. J’espère par conséquent que des solutions seront trouvées.

Je ne puis que vous encourager, en votre qualité de ministre en charge de la SNCB, actionnaire d’Eurostar à raison de 5 %, d’aboutir à une solution et donc d’insister auprès de vos collègues.