Voilà, c’est fait ! Après les auditions menées au Parlement fédéral sur la réforme des structures de la SNCB, le Kern vient d’opter ce vendredi matin pour la disparition de la coupole commune aux trois entités, la Holding, et pour une plus grande séparation verticale entre SNCB et Infrabel. Le débat sur l’avenir de la SNCB était en cours depuis 6 mois.

Le ministre des Entreprises publiques Paul Magnette a donc proposé au Kern deux modèles de réforme : un modèle séparé et un modèle intégré. De la sorte, il démontrait qu’il n’existait pas un modèle unique à suivre pour répondre aux défis du rail au niveau belge et européen.

Le choix du Gouvernement ne permettra pas à mes yeux d’améliorer la collaboration entre les acteurs de terrain. Bien au contraire, cette séparation revient à ériger de nouveaux murs entre des entreprises et des travailleurs, à favoriser encore plus l’émergence de logiques et d’objectifs contradictoires au détriment du service rendu au voyageur. Choisir la séparation verticale renforcera sans doute les défauts de la structure actuelle, reconnus par tous.

Pour moi, le choix aurait dû au contraire se porter vers un modèle plus intégré qui réintroduit plus de cohérence de gestion et de décision : moins de patrons, moins de contrats de gestion et des objectifs partagés par tous. En ce sens, le second modèle également présenté ce matin par le ministre Magnette, et qui donnait à la SNCB-Holding un réel pouvoir de coordination tout en la dépouillant de ses missions opérationnelles, aurait été une base de travail acceptable à condition de diminuer drastiquement la centaine de filiales actuelles et de limiter au maximum le nombre d’entités.

Il faut rappeler que toute réforme des structures doit poursuivre trois objectifs prioritaires :

  • Améliorer la satisfaction des voyageurs et des chargeurs de fret par rapport aux services rendus par le groupe SNCB ;
  • Faire de notre groupe ferroviaire l’acteur principal du développement d’une mobilité durable ;
  • Utiliser au mieux les moyens publics en supprimant tous les gaspillages.

La voie choisie par le gouvernement va-t-elle dans ce sens? Après avoir dialogué durant plusieurs mois avec les experts et acteurs de terrain dans le cadre des auditions réalisées au Parlement fédéral , je n’en suis pas du tout certain…