fresqueLe gouvernement fédéral s’est très difficilement mis d’accord sur la désignation des patrons des Entreprises publiques. Ces nominations étaient attendues depuis la mise en place du gouvernement. Malheureusement, les jeux politiciens auront pris le pas sur les impératifs de bonne gouvernance. Et la question  des rémunérations de ces dirigeants continue de faire débat.

On interrogeait le ministre depuis très longtemps, en commission et en séance plénière : quand donc et comment allait-on désigner les responsables du groupe SNCB, de la Loterie Nationale, de Belgocontrol, etc ? Des nominations impératives pour assurer la gestion de ces entreprises et leur permettre de faire face aux enjeux importants auxquelles elles vont être confrontées. Il en va ainsi de la SNCB qui va connaitre une réforme importante, bien qu’inquiétante, de ses structures, contre laquelle nous nous sommes d’ailleurs prononcés.

Après des mois et des mois de palabres, on admire le résultat. Tous les candidats désignés par le gouvernement fédéral affichent clairement une étiquette politique (surtout socialiste d’ailleurs) qui semble primer sur l’expérience ou la compétence comme la mise à l’écart du Selor le laissait déjà entrevoir. Dans plusieurs cas, le Gouvernement n’a d’ailleurs pas puisé dans la short-list dressée par les chasseurs de têtes.

Essayons la compétence

Clairement, on est ici face à un symptôme de mal gouvernance déplorable et un très mauvais signal envoyé vers les citoyens. Il est impératif qu’à l’avenir le Selor puisse sélectionner les meilleurs candidats. Cela évitera de nourrir les populistes et accélérera ces nominations dont la lenteur a porté préjudice à la qualité de gestion des Entreprises publiques.

Autre volet des décisions prises par le gouvernement, et qui a fait couler beaucoup d’encre : le salaire de ces patrons des entreprises publiques. Pour cet aspect du dossier, le bilan est mitigé. Les salaires sont limités à 290.000 euros par an. Nous avions fortement insisté dans les semaines qui ont précédé pour que la diminution des salaires soient conséquentes. Nous avons été entendus. Et cette limitation inclut une partie variable qui sera fixée en fonction des résultats, ce que réclamaient les Verts depuis plusieurs années.

Malheureusement, les décisions du gouvernement ne concerne pas les salaires des dirigeants de Bpost et de Belgacom, alors que ce dernier touche 32 fois le salaire moyen de ses employés et plus d’un million de plus que le patron de France Télécom… Le lobbying de Messieurs Thys et Bellens, accompagné de sorties déplorables dans la presse, aura porté ses fruits et permettra la persistance d’une situation indécente. Les récentes excuses du patron de Bpost sont dans ce contexte plutôt malvenues si elles ne s’accompagnent pas d’une baisse de son salaire.

Fin de ce mauvais spectacle? Non, car à peine les décisions prises, on a vu des dirigeants poussés vers la sortie réclamer à cor et à cri le paiement de leur parachute doré. C’est ainsi que s’est distingué l’inénarrable Jean-Claude Tintin issu de la génération Daerden et dont le bilan à tête de Belgocontrol, le contrôleur aérien belge, est pour le moins discutable. Un signe de plus qu’on a beaucoup improvisé et chipoté dans ce dossier. Et une raison supplémentaire de remettre en avant la question des entreprises publiques dans leur globalité par des modifications de la loi de 1991 afin de rendre à l’État une place qu’il avait délibérément laisser tomber dans les années d’ultralibéralisme et d’argent fou.

Voir aussi :

Salaire des patrons : opposition et syndicats s’indignent