ImageSamedi dernier, Ecolo-Picardie présentait ses candidats pour les élections régionales, fédérales et européennes. L’occasion pour moi de prononcer quelques mots devant les militants en faveur d’une politique innovante de l’emploi en Wallonie picarde. Et en commençant notamment par dénoncer les propos scandaleux tenus par Gérard Depardieu dans le cadre du Ramdam.

Chères amies, chers amis,

Bonjour.

Merci d’être là pour cette séance de vœux de notre groupe régional.

Bonne année à vous toutes et tous et à vos proches.

Puisque nous sommes aujourd’hui accueillis à la Brasserie du Cazeau par Laurent Agache, bonne année aussi aux moines de l’Abbaye de Rochefort qui pourront continuer à brasser une trappiste de qualité. Et ceci grâce à la décision prise hier par notre ministre Philippe Henry. C’est cela aussi la défense des produits du terroir.

Aux concitoyens d’origine chinoise présents aujourd’hui, « Bonne année du cheval ». Le cheval, symbole de loyauté et d’énergie.

De Tournai à Moscou, bonne année aussi aux Pussy Riot qui se sont opposées au président Poutine, l’ami de Monsieur Depardieu, notre exilé fiscal le moins discret, toujours accueilli les bras ouverts par les mandataires socialistes. Bonne année aux Pussy Riot qui ne sont pas en prison  pour s’être promenées ivre sur leur scooter dans les rues de Paris, mais pour avoir usé simplement de leur liberté d’expression.

Bonne année aussi aux 30 militants de Greenpeace qui ont passé plus de trois mois dans les prisons de Saint-Pétersbourg pour hooliganisme. C’est-à-dire pour avoir attiré l’attention sur les dangers des forages pétroliers en mer de Petchora.

Bonne année à toutes celles et tous ceux qui subissent l’arbitraire du régime de Poutine.

Ce détour par la Russie nous rappelle, si besoin était, que la campagne qui s’ouvre se déroulera aussi sur fonds d’enjeux mondiaux cruciaux qui concernent tous les habitants de cette planète.  Ce sont les enjeux de l’énergie, de notre dépendance à des ressources de plus en plus limitées et les grands (dés)équilibres mondiaux qui en découlent.  Ce sont les enjeux du dérèglement climatique qui ne sont toujours pas suffisamment pris au sérieux. Ce sont les enjeux du déséquilibre entre le Nord et le Sud. Comment accepter que dans la province d’Équateur en RDC, 6 nouveaux nés sur 10 n’atteindront pas l’âge adulte ? Ce sont enfin les enjeux d’une réforme du système bancaire et des échanges du commerce international.

Retour chez nous. Comme écologistes, nous sommes fiers de notre bilan. De notre action dans les gouvernements régionaux et de notre apport décisif à la réforme de l’Etat. Nous sommes prêts à aller le défendre, ce bilan. Fier de notre action aussi dans l’opposition quand je vois que certains politiques se réveillent aujourd’hui du côté de Lessines pour défendre le rail en Wallonie picarde. Voilà plus de 8 mois que nous avons mis en garde, Simon, Marie-Christine, Bénédicte Linard et moi-même contre les projets néfastes de la SNCB contenus dans le plan de transport. Nous l’avons écrit à tout ce que notre région compte de relais. Nous avons présenté nos priorités au Conseil de développement de la Wallonie picarde.

Quelle hypocrisie et quel culot de venir se manifester aujourd’hui alors que les décisions ont été avalisées en décembre dernier par le Conseil d’administration de la SNCB, avec la bénédiction du CDH, du PS et du MR. Des partis grâce à qui le quotidien de nombreux navetteurs sera demain encore un peu plus un enfer.

Chers amis,

Notre préoccupation essentielle durant cette campagne, ce sera la préoccupation de l’emploi. Contre la logique d’exclusions des chômeurs, nous voulons proposer une stratégie de l’emploi pour tous. Nous ne pouvons plus accepter que notre système fabrique des exclus à la pelle, notamment parmi les jeunes, incapables faute d’un emploi, de prendre leur autonomie, d’avoir un logement, de vivre.

Nos propositions passent par un investissement prioritaire dans les filières vertes de l’agriculture paysanne, de l’énergie renouvelable et de la construction durable. Sur ces créneaux porteurs et sur bien d’autres, la Wallonie picarde peut devenir, bien plus qu’elle ne l’est aujourd’hui, une terre d’innovation, accueillante pour les PME et pour les travailleurs.

Notre campagne sera donc d’abord orientée vers l’emploi et le développement durable de la Wallonie picarde. Nous voulons une région pionnière en matière d’innovation, de filières vertes, d’éco-zonings, de nouveaux métiers. Viser le plein emploi ? Pourquoi pas ? Des régions parfois proches y arrivent aujourd’hui.

Quelques mots encore sur la campagne. On écrit et on nous dit à longueur de journée que le 25 mai, ce sera la mère de toutes les élections.  L’élection de tous les dangers.

Cette dramatisation n’a qu’un seul effet : jeter les électeurs dans les bras du parti dominant, de chaque côté de la frontière linguistique. Et faire oublier que chaque citoyen aura bien trois bulletins de vote à glisser dans l’urne le 25 mai prochain. Chaque bulletin de vote est un bulletin de vote à part entière. Avec ces spécificités. En quoi, par exemple, le vote pour la région ou pour l’Europe devrait-il s’inquiéter du score de la NVA ?

Je parle de trois bulletins. Encore faut-il que le citoyen veuille bien se déplacer pour aller voter. Ne sous-estimons pas aujourd’hui l’indifférence ou le rejet présent dans la population. N’oublions pas qu’aujourd’hui aussi, sans débat, sans dialogue et sans écoute, ce sont les idées populistes et simplistes qui gagnent du terrain. Les idées qui rejettent la faute de la crise sur telle ou telle catégorie.

Pour convaincre aussi ceux qui ne comprennent plus rien à la politique, ou qui se sentent incompris ou abandonnés, parfois à juste titre, notre campagne devra être basée sur l’écoute et le dialogue. Via une utilisation beaucoup plus professionnelle des réseaux sociaux. Et surtout par une rencontre beaucoup plus personnalisée avec citoyens, notamment grâce à une version repensée du porte à porte. C’est essentiel si nous voulons faire la différence le 25 mai lors de la proclamation des résultats.

C’est sur ces quelques bonnes résolutions que je nous souhaite à toutes et tous une bonne année et une bonne campagne.